Les cobayes
Introduction
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Les cobayes

Le cobaye (Cavia porcellus), aussi appelé Cochon d'Inde, appartient au sous-ordre des caviomorphes tout comme le chinchilla et l'octodon.
Il est originaire des pays d'Amérique du Sud (Colombie, Argentine, Paraguay, Brésil, Pérou) où il a colonisé tous les biotypes mais surtout les hauts plateaux désertiques.
Domestiqués par les Indiens qui les utilisaient comme nourriture ou l'offraient en sacrifice lors des rituels religieux, ce n'est qu'au XVIème siècle qu'ils seront introduits en Europe.
Ils furent abondamment utilisés comme animaux de laboratoire (ce qui permet d'avoir aujourd'hui énormément de renseignements à leur sujet) avant que leur docilité, leur amabilité et leur propreté les orientent comme animaux de compagnie.
Trois standards de race ont été originellement reconnus :
- le cobaye anglais (ou américain) au poil court et lisse
- le cobaye abyssin au pelage hirsute avec des rosettes et des épis
- le cobaye péruvien au pelage très long, fin et soyeux
Actuellement, de nombreuses divisions ont été établies et environ 13 races sont reconnues (Texel, Sheltie, Teddy, ...).
Le cobaye est essentiellement un animal crépusculaire à nocturne.
Il existe quelques différences fondamentales entre le cobaye et le chinchilla :
- le cobaye a absolument besoin quotidiennement d'une source de vitamine C
- le cobaye n'a pas besoin d'un bain de sable
- les cobaye a les incisives blanches (contrairement au chinchilla dont l'émail est jaune)
Le cobaye est le rongeur le plus sensible aux maladies et peut très vite mourir si des soins ne lui sont pas rapidement apportés.
Ses deux points faibles sont ses dents (incisives, prémolaires et molaires) à l'origine de malocclusions (mauvaise alimentation, consanguinité, hypocalcémie, trouble organique,...) et son intestin (diarrhée, constipation, tympanisme, paralysie très rapide).
Lors de l'hospitalisation, cet animal réclame les plus grands soins et la plus grande patience. En effet, les cobayes sont reconnus pour leur intolérance aux procédures cliniques avec un risque d'arrêt cardio-respiratoire. Un exemple : lors de réhydratation forcée, nous remplaçons les 5 ou 6 piqûres journalières sources de stress par la mise en place d'un cathéter et d'une perfusion qui sont beaucoup plus confortables.
De plus, ses préférences alimentaires sont établies très tôt dans sa vie et il refuse souvent de manger si son alimentation change par la suite en qualité ou en présentation au point de se laisser mourir de faim.
L'hospitalisation de cet animal implique toujours un suivi très strict de son alimentation et un gavage préventif si nécessaire afin de ne pas le laisser s'affaiblir.
Les autres problèmes fréquemment rencontrés en consultation sont les pneumonies, les pathologies de la peau, les difficultés d'ovulation (ovaires polykystiques), les carences en vitamine C, les difficultés d'accouchement et les calculs urinaires.
Une visite d'achat est très importante et sauvera souvent la vie de votre petit compagnon !
La parole aux passionnés

Petit rongeur très familier, le cochon d'inde est un rongeur de la famille des Caviidés.
Originaire d'Amérique du Sud, il est le proche cousin du Chinchilla et de l'Octodon, et l'un des seuls rongeurs « à voix »: il a toute une panoplie de sons et de cris pour se faire comprendre.
Domestiqué depuis longtemps, d'abord pour la nourriture dans son pays d'origine, et chez nous pour sa docilité et son calme qui le conduisirent dans nos laboratoires, il est désormais un véritable animal de compagnie, aux couleurs et races très diversifiées. Si spécial d'ailleurs, que ceux d'entre nous qui conservent dans leurs coeurs d'enfant l'image du cochon d'inde acheté au marché, sont parfois bien agréablement surpris par ce petit animal!
Les poils courts : ceux de notre enfance, et les autres !
UPL: Unicolore Poil Lisse, comme son nom l'indique.
Poil Lisse: il est soit agouti (proche de la couleur sauvage), soit bicolore ou tricolore.
Couronné anglais: c'est un poil lisse avec une « couronne » sur la tête, sorte de trou de poils au milieu du front. Elle est de la même couleur que le reste du pelage.
Couronné américain: le même, mais la couronne est toute blanche.
Rex: cochon d'inde à poil dur et court, chaque poil est dressé.
Teddy américain: également à poil dur, légèrement plus long, texture très rêche.
Teddy suisse: aussi un poil dur dressé, mais mi-long; morphologie générale très ronde et massive.
Rosette: il possède plusieurs rosettes, des « trous » de poils, entre 8 et 10 sur tout le corps.
Les poils « longs »: les plus spectaculaires, il faut les coiffer !
Péruvien: le pelage retombe sur chaque côté du corps, avec une raie au milieu, la tête est recouverte d'une longue mèche. Son pelage est très long, touche le sol, et très lisse.
Shelty: également au pelage long et lisse, le Shelty a tout son pelage dirigé vers l'arrière. Chez lui, pas de mèche sur la tête, son visage est dégagé.
Coronet: c'est un Shelty « couronné ».
Texel: c'est un Shelty bouclé. Pelage long et frisé, le Texel est un vrai petit mouton, d'où son nom!
Merino: c'est un Texel « couronné »
Alpaga: c'est le Péruvien bouclé. Comme lui, il a le pelage qui retombe de chaque côté de son corps, et une mèche sur la tête, mais il est entièrement frisé et bouclé.
Les nouvelles races qui apparaissent:
Le Lunkarya qui nous vient de Suède, le Ridgeback que l'on voit apparaître en Angleterre, les Sheba Mini-Yack qui arrivent d'Australie, le Nu en Amérique... le cochon d'inde nous réserve encore des surprises!
Un petit descriptif de leurs couleurs:
On distingue deux lignées de base sur lesquelles se repartissent les couleurs qui existent: la lignée du rouge, et la lignée du noir.
Dans la lignée du rouge on trouve:
- le rouge
- le fauve
- le doré (gold)
- le crème
- le buff
- le safran
Dans la lignée du noir on trouve:
- le noir
- le havane
- le beige
- le lilas
Le blanc est la seule couleur qui peut se retrouver partout. Il peut avoir les yeux roses ou bleus foncés.
Les marquages ou dessins
Certaines cochons d'inde ont des taches ou des marquages très spéciaux, qui ont un nom:
Le Russe (il fait penser au chat siamois), l'Ecaille de tortue (aux couleurs noires et fauves disposées comme un damier), l'Ecaille de tortue et blanc (le même avec du blanc), le Japonais (bicolore), le Hollandais (bicolore), le Dalmatien (fond blanc parsemé de petites taches rondes), le Rouan (effet de couleurs étroitement fondues l'une dans l'autre), le Bringé (mélange fin de poils rouges et noirs).
Attention facteur léthal: ne jamais croiser deux rouans ensemble, ni deux dalmatiens! Les petits meurent in vitro, ou naissent avec de graves anomalies: sans yeux, sans dents...
Où l'acheter ?
Lors de l'achat, soyez vigilants à la santé du petit cobaye: yeux et nez propres, pas de souillures sur l'arrière train, caractère vif, l'oeil brillant, plein de vie et d'appétit. Mieux vaut un cobaye qui court et vous échappe dans sa cage, qu'un petit animal qui se laisse aller sans bouger, c'est mauvais signe.
Privilégiez l'achat chez un particulier ou un éleveur amateur. Vous aurez plus de garanties d'avoir un cochon d'inde en bonne santé, bien nourri, vous connaîtrez son âge exact, ses parents, et il aura un lien affectif plus établi avec l'Homme.
A la maison: où vit-il, que mange-t-il?
Il a besoin d'une cage de dimension honorable, qu'elle soit à barreaux ou en plexiglas. Il doit pouvoir s'y retourner et gambader une fois sa taille adulte atteinte. Elle doit être munie d'un biberon pour l'eau, d'un bol pour la nourriture, et éventuellement d'un ratelier pour le foin.
Il ne faut pas la placer dans un endroit exposé au courants d'air, ni en plein soleil derrière une fenêtre. Une litière de copeaux recouverte d'une couche de paille est une litière idéale.
Le cochon d'inde est un rongeur qui, comme l'Homme, ne peut pas synthétiser la vitamine C. Il en a donc un besoin journalier. La meilleure façon de la lui administrer est via la nourriture de base: les granulés ("extrudés", "pellets"). Ce sont des bâtonnets de nourriture de la même couleur, à forte teneur en vitamines C et E.
Attention! Dans le commerce vous trouverez des mélanges de graines de toutes les couleurs vendues pour cochons d'inde: à proscrire! Ces mélanges sont peu riches en vitC et source de problèmes graves au niveau de la dentition. Les malocclusions dentaires alimentaires sont dues à ces mélanges, car le cobaye, d'un naturel paresseux, ne mangera que ce qui lui plaira (généralement le plus mou) et ses dents, comme tout bon rongeur, continueront à pousser sans s'user. Le cochon d'inde ne pourra plus manger, plus déglutir, il mourra de faim.
De plus, elles entrainent de graves carences, dont l'une des conséquences est la paralysie due au scorbut (carence grave en vitC).
Comparons: un mélange du commerce contient en moyenne 250mg de vitC par kilo... une bonne marque de granulés en contient 3000mg !
Ce n'est pas difficile de trouver des granulés pour cochons d'inde, demandez à votre magasin de vous en commander.
Le cobaye a besoin chaque jour de manger:
- des granulés spéciaux pour cochons d'inde
- du foin à volonté (prenez une fenaison tardive, il sera plus abrasif et plus riche en fibres)
- des légumes et fruits. Privilégiez les légumes et fruits naturellement riches en vitC: le fenouil, les poivrons, le kiwi, les épinards... mais ils aiment aussi beaucoup les carottes, le concombre (riche en eau), les endives; prudence avec la pomme, certains cobayes y sont sensibles et ont des irritations.
Les friandises du commerce sont à proscrire, ainsi que le chocolat, les oignons, les produits lactés...
La meilleure des friandises reste un nouveau fruit ou légume!
Seul ou avec un ami ?
Dans la nature, il vit en groupe, c'est un animal grégaire, qui a besoin du contact d'un autre cochon d'inde. Prenez toujours deux compagnons, mâles ou femelles, ils seront plus heureux.
Parfois, à l'adolescence (vers 8 mois), deux mâles se montrent trop dominants. Il sera alors bon de les séparer: en collant les deux cages, ils vivront heureux en se voyant et en pouvant communiquer entre eux.Généralement la cohabitation de deux mâles se passe très bien, à condition qu'ils se connaissent depuis tout petits; ou entre un adulte et un petit, qu'on aura présentés en terrain neutre.
Les femelles peuvent vivre en groupes plus grands. Les mâles dominants préfèrent vivre seuls, et les mâles qui s'entendent ne dépassent jamais le nombre de 2.
Les maladies les plus fréquentes
Malocclusions: elles peuvent être acquises (exemple : suite à une mauvaise alimentation), ou être congénitales (souvent causées par un grand taux de consanguinité). Dans ce dernier cas, le cochon d'inde en souffre à vie.
Coryza: symptômes: yeux qui coulent, nez sale, éternuements. Attention, il peut évoluer en pneumonie.
Gale: affection de la peau due à des acariens. Symptômes: dépilations croûteuses, démangeaisons extrêmes.
Teigne: affection de la peau due à des mycoses. Attention elle est transmissible aux autres animaux et à l'Homme! (zoonose) Symptômes: dépilation rondes et nues, démangeaisons d'intensités variables.
Toxémie de gestation: dégérérescence du foie ayant lieu en fin de gestation et début de lactation.
Maladie mortelle en 12 heures.
Pour l'éviter chez une femelle gestante, faites de la prévention: une cage spacieuse, un ratelier pour attraper le foin, le bol et l'eau à des extrémités différentes de la cage, une alimentation optimale, une bonne dose de vit C tous les jours, etc... Tout cela contribuera à ce qu'une femelle gestante ne s'empâte pas et garde la forme.
Si vous constatez un manque d'appétit chez votre cochon d'inde, ou n'importe lequel de ces symptômes, consultez vite votre vétérinaire. C'est un petit rongeur sensible qui peut très vite mourir, et souvent on se rend compte trop tard du problème: leur instinct d'animal social fait qu'ils cachent leurs maladies, pour ne pas être rejetés du groupe, comme dans la nature... Même envers nous, leurs maîtres, ils feront les "fiers-à-bras", essaieront de se montrer en pleine forme, même malades, pour qu'on les aime encore.
Carole Kühne et Emmanuël Lefèbvre
« Les Cobayes de l'Oasis »
http://www.cobayesdeloasis.com
Nous remercions vivement Madame Carole K. et Monsieur Emmanuël L. pour la passion qu'ils portent à leurs cobayes et aux cobayes en général.
Cet acharnement qu'ils ont à toujours vouloir faire plus pour le bien-être de leurs animaux au quotidien pousse à l'admiration.
Leurs constatations sont précieuses et nous permettent de pouvoir développer une médecine préventive et curative de plus en plus efficace.
Combien de vies ont-ils déjà sauvées ou sauveront-ils grâce à leur rapidité d'observation et d'action ? Un exemple à suivre en tout cas !
Dr D BRASSEUR
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