Cas clinique n°10: Cushing hypophysaire
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1. Commémoratifs et anamnèse :

Une chienne est présentée à la consultation dermatologique pour des lésions de grattage.
Suite à l'anamnèse, le diagnostic est orienté vers un trouble endocrinien, confirmé par les examens complémentaires.
2. Examen clinique et dermatologique

L'état général est bon.
On note sur le dos la présence de lésions cibles érythémato-squameuses et alopéciques, circulaires confluentes et des lésions pustuleuses.
On remarque également une coloration brunâtre des poils (signe de léchage).
La région ventrale, et plus particulièrement les espaces inguinaux présentent des lésions ainsi que de l'hyperpigmentation (coloration noirâtre de la peau).
Le pelage est terne.
Le propriétaire signale un prurit modéré à intense.
3. Diagnostic différentiel

Les différentes hypothèses sont les suivantes :
- Cushing (maladie endocrinienne).
- Pyodermite superficielle (impétigo, infection bactérienne de la peau).
- Hypothyroïdie (maladie endocrinienne).
- Dermatite par allergie aux piqûres de puces.
4. Examens complémentaires

L'examen cytologique des lésions cutanées après coloration révèle la présence d'une population bactérienne de type coques GRAM + associé à des polynucléaires neutrophiles (infection bactérienne).
L'examen du poil montre une absence de poils en phase anagène (phase de croissance du poil).
Une prise de sang met en évidence une augmentation du cholestérol, des phosphatases alcalines et des globulines.
La prise d'urine par cystocentèse (échographie abdominale permettant la visualisation de la vessie et ainsi le prélèvement d'urine) confirme la polydipsie/ polyurie (boisson excessive/miction fréquente).
Au vu des examens complémentaires et de la clinique, une forte suspicion de cushing est envisagée.
Un test de stimulation à l'ACTH (stimulation des glandes) est effectué et permet confirmer cette hypothèse.
5. Diagnostic, traitement et suivi

Il s'agit d'une infection bactérienne suite à un cushing hypophysaire.
La pyodermite est traitée avec un traitement antibiotique pendant 3 semaines.
Ce traitement est associé à un shampooing antiseptique.
Le traitement du cushing hypophysaire est effectué à base de mitotane.
Le chien est revu 10 jours après le début du traitement, le propriétaire signale une diminution de la consommation d'eau, ainsi que du grattage.
L'examen dermatologique révèle une bonne amélioration des lésions cutanées.
Un test à l'ACTH est effectué et montre un retour à des valeurs normales
7. Discussion

Le syndrome de cushing spontané est lié à la sécrétion des glucocorticoïdes (cortisol) par les glandes surrénales qui sont sous le contrôle de l'axe hypothalamo-hypophysaire.
Il existe 2 origines :
- Syndrome de cushing d'origine surrénalienne : 10 à 20 % des cas.
- Syndrome de cushing d'origine hypophysaire : 80 à 90 % des cas.
L'origine hypophysaire est due à une hyperplasie (augmentation de la taille), à un micro adénome (tumeur bénigne), ou à un macro adénome (tumeur bénigne) de la pars distalis (80 % des cas), de la pars intermedia (20 % des cas).
Les tumeurs surrénaliennes sont presque toujours unilatérales (surrénale gauche), elles sont « fonctionnelles » c'est-à-dire productrices de cortisol.
Le cushing survient souvent chez des animaux entre 6 à 9 ans.
Il n'y a pas de prédisposition sexuelle.
Les caniches, les teckels et les boxers semblent plus prédisposés.
Les manifestations cliniques et biologiques sont liées à l'augmentation du cortisol .
De plus, des infections bactériennes, fongiques et / ou parasitaires (démodécie) viennent souvent compliquer le tableau clinique.
Le prurit est souvent lié aux surinfections.
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