Cas clinique n°8: Plaque éosinophile chez un chat
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 La plaque éosinophile féline impose une antibiothérapie
Les plaques éosinophiles font partie du complexe granulome éosinophile et leur étiologie exacte est inconnue.
Différentes affections peuvent se manifester sous forme de plaque et leur recherche nécessite une démarche diagnostique rigoureuse. |
Photo 2 - Vue rapprochée de la zone ventrale du chat. Des lésions, principalement ulcérées, suintantes, coalescentes et fortement prurigineuses, sont notées.
1. Examen clinique et dermatologique
L'état général de la chatte est bon. Les lésions cutanées s'étendent sur l'abdomen et la partie supérieure de la tête (voir photos 2).
Les examens complémentaires permettent de poser le diagnostic de plaque éosinophile due à une hypersensibilité aux piqûres de puces.
2. Traitement et suivi
Un traitement insecticide de l'animal et de l'environnement sont mis en place :
Un traitement anti-inflammatoire pour une durée d'une semaine et une antibiothérapie sont associés afin de permettre un contrôle de l'infection et du prurit.
En raison de la persistance du prurit, l'animal est revu une semaine avant la fin du traitement. A la consultation, le brossage ne met plus en évidence de matières fécales de puces. En outre, les lésions ont régressé de plus de 50 %.
Toutefois, les propriétaires signalent la persistance d'un prurit modéré.
L'examen cytologique révèle la présence au niveau des lésions cutanées d'une colonisation à coque Gram + avec présence d'éosinophile.
Une alimentation hypoallergénique sous forme de croquettes est prescrite pendant huit semaines avec maintien du traitement antiparasitaire et antibiotique. Cette méthode a permis, après test de provocation, de mettre en évidence une allergie à la viande de poulet.
3. Discussion
Dans le cas présent, l'association de deux affections qui peuvent s'exprimer de la même façon sont retrouvées : l'allergie alimentaire et l'hypersensibilité aux piqûres de puces.
Les plaques éosinophiles font parties du complexe granulome éosinophilique, tout comme le « granulome » éosinophile (souvent localisé à la face postérieure des cuisses) et l'ulcère atone ou indolent (au niveau des lèvres supérieures et parfois aussi sur la langue et le palais).
A ce complexe, peuvent également être associés, l'hypersensibilité aux piqûres de moustiques, la dermite miliaire féline (DMF) et l'urtica pigmentosa de description récente (hyperplasies papuleuses mastocytaires félines).
4. Origine du complexe granulome éosinophilique
Il s'agit d'une modalité réactionnelle face à diverses causes (voir tableau).
Ces différentes affections créent un prurit qui entraîne un léchage des zones prurigineuses, en raison de la langue “râpeuse” du chat.
Il s'ensuit une réaction inflammatoire des tissus.
1. Allergie aux aéroallergènes
2. Allergie aux trophoallergènes
3. Hypersensibilité aux piqûres de puces
4. Hypersensibilité aux piqûres de moustiques
5. Hypersensibilité aux insectes (cheyletiella, otodectes cynotis, notoedres cati, etc.)
6. Dermatite par allergie de contact
7. Infection bactérienne, virale (calicivirus)
8. Prédisposition génétique
9. Idiopathique
Tableau 1 : Les principales étiologies responsables d'un complexe granulome éosinophilique (d'après K.Mason et G. Burton)
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